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La Grande Chasse

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La Grande Chasse — miniature de Boukhara par Davlat Toshev

Taille de l'image:69 × 89 cm

Le champ verdoyant bouillonne de mouvement : des cavaliers montés sur des chevaux blanc, bai et gris pourchassent gazelles et biches, les lévriers rattrapent déjà leur proie, et en haut, un archer étendu à plat sur la pente vise vers le bas. Du côté des rochers fantastiques et stratifiés s'agitent des rabatteurs à pied — ils chassent le gibier de ses cachettes droit sous les flèches. En bas à gauche, un groupe se prépare, un oiseau de chasse au poing ; au bord droit, un homme porte à ses lèvres une longue flûte — sa voix se mêle à la battue générale, car lors de ces traques on levait aussi le gibier par le son. Mais le cœur de la scène est au centre, et il est plus silencieux que toute cette fureur. Le cavalier sur le bai ne frappe pas la gazelle d'une flèche et ne la transperce pas d'une lance : dans sa main, un lasso tendu dont la boucle a saisi la bête par la patte. Il la prend vivante. Et c'est là que se révèle le double fond de cette chasse. La gazelle rapide, dans la lecture soufie, est l'image du hâl — cette illumination fugace qui descend un instant et ne se laisse pas saisir. On la poursuit de toute la force de l'esprit, mais la percer d'une flèche reviendrait à la perdre : la vérité ne peut être conquise par la force. On ne peut que la capter avec délicatesse, la retenir vivante, sans la blesser — et c'est pourquoi le lasso à la patte est plus sûr que la flèche. Toute la scène parle de cette concentration extrême avec laquelle le chercheur tente de saisir ce qui lui échappe sans le tuer. C'est pourquoi la figure qui se tient à l'écart de la traque, sur une mule sombre, est pleine de sens : tandis que tous poursuivent la proie visible, quelqu'un a déjà atteint l'invisible. Ce travail a demandé onze mois. À propos de l'œuvre La scène de la battue est l'un des sujets fondamentaux de la miniature perso-turque, où la vaillance de cour et le faste de la sortie princière autorisaient toujours une seconde lecture, allégorique. L'œuvre poursuit la tradition de l'école de Boukhara des XVIe et XVIIe siècles, avec son héritage du cercle de Hérat : la composition à figures multiples se déploie à la verticale, les rochers « feuilletés » et le ciel doré construisent un espace conventionnel et hors du temps, et la dense bordure dorée est peuplée de bêtes et d'oiseaux. L'image de la poursuite de la gazelle comme capture d'une illumination fuyante est proche de l'esprit de la poésie mystique du Maverannahr, où le chasseur et sa proie aux pieds rapides deviennent l'allégorie du chemin vers une vérité insaisissable. La finesse de l'exécution — les figures, les chevaux, les herbes tracés au pinceau presque au poil près — répond au goût courtois de l'époque. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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Davlat Toshev est un artiste de Boukhara spécialisé dans les miniatures. Lors de la création de ses motifs uniques, il s'inspire de la peinture miniature traditionnelle. Dans son art, Davlat utilise du papier artisanal ancien et nouveau. Actuellement, il a exposé l'art miniature ouzbek en France, en Belgique, en Allemagne, au Luxembourg, en Espagne, en Russie, en Italie et en Ukraine, et a également participé à des festivals internationaux et organisé des expositions personnelles. Outre la peinture, la calligraphie et les miniatures, Davlat est également un maître restaurateur de renommée internationale du patrimoine culturel de l'Ouzbékistan (livres anciens, manuscrits).

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