
La conversation du sage et du jardinier
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Taille de l'image:36 × 47 cm
La conversation du sage et du jardinier Deux hommes sont assis sur une natte tressée jaune à motif de losanges, face à face, et entre eux il n'y a pas une dispute mais un régal : sur une estrade rectangulaire sombre sont disposées des tranches de pastèque et de melon, et un petit vase à boire s'y trouve. Le jardinier, vêtu d'une robe orange par-dessus une verte, tend les mains vers les fruits — le geste non de celui qui parle, mais de celui qui offre. Le savant en bleu égrenait son chapelet, mais ses doigts se sont immobilisés : les noms de Dieu, prononcés à voix haute, cèdent le pas à ce qui s'offre en silence. Ainsi se résout une question ancienne — quel savoir est le plus vrai. L'un cherchait la vérité dans les livres et les grains ; dans la tradition, même un ascète rigoureux ne mangeait pas ce fruit, n'y trouvant aucune justification écrite. L'autre l'a simplement fait pousser et le tend à présent. La pastèque est ici un fruit de la Sunna et un signe de l'abondance accordée d'en haut : son cœur, empli d'une multitude de grains, parle d'une générosité que l'on ne démontre pas, mais que l'on reçoit avec gratitude. À côté du jardinier se trouvent une bêche et des chaussures ôtées, comme celles de qui a foulé une terre pure. Au-dessus d'eux, un platane porte à la fois un feuillage vert, doré et pourpre — toutes les saisons de la vie dans une seule couronne ; dans ses branches est caché un nid, et plus haut un oiseau passe en vol. Au-delà des collines dorées s'élèvent des coupoles turquoise et un minaret — le monde édifié du savoir, dont les deux hommes sont sortis dans le jardin pour lire les signes sans intermédiaire. Cette scène a demandé une demi-année de peinture au pinceau d'un seul cheveu. À propos de l'œuvre L'œuvre poursuit la tradition de la miniature de livre de Boukhara des XVIe–XVIIe siècles — l'art du Maverannahr, où l'héritage du cercle de Hérat s'est fondu avec le goût local pour un jardin dense et habité. L'entretien au jardin (souhbat) est un sujet constant de la tradition perse et d'Asie centrale : le repas partagé sous un arbre devient l'image d'un entretien spirituel. Le motif dans lequel la sagesse vivante du travailleur est placée au-dessus de l'érudition livresque est proche de la poésie parabolique de la région — de Djami à Navoï. Le rendu fin du feuillage, le fond doré continu et le turquoise des coupoles sont des marques de ce cercle. Le fond architectural aux coupoles et au minaret rend l'aspect de Boukhara et de Samarcande sans reproduire de bâtiment précis. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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