
La Danse du derviche
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Taille de l'image:40 × 60 cm
Dans un jardin, sur une pente douce tournée vers le spectateur, une assemblée s'est réunie, et chacun est occupé à sa tâche. Deux hommes sont penchés sur un damier, absorbés par le jeu ; un autre scrute une feuille de papier ; deux vieillards à la barbe grise sont plongés dans une conversation paisible ; celui qui est assis en vert examine quelque note, sans lâcher son propre cahier, et en face de lui un homme en rose pâle tient un livre ouvert. La lettre, la règle, l'argument, le coup d'une pièce — la voie de l'esprit qui va vers la Vérité par le raisonnement. Et au milieu d'eux, l'un s'est levé et s'est mis à tournoyer. Son vêtement se déploie en larges plis, ses bras sont ouverts, son corps entièrement livré à la rotation. Autour de lui, éparpillées sur le sol, gisent des feuilles — comme si les mots, ayant accompli leur œuvre, avaient été rendus à la liberté. C'est celui qui est passé de la lecture sur la Voie à la Voie elle-même : du savoir au goût du savoir, qui ne peut se retenir sur le papier. Derrière, un arbre en fleurs blanches se tient auprès d'un autre dont le feuillage est déjà touché par l'automne : dans ce jardin le printemps et l'automne voisinent, et le temps perd de son acuité. Plus loin s'élèvent les coupoles turquoise et la tour de la ville, et l'or du ciel est traversé par des oiseaux — image ancienne des âmes en vol. Un pinceau de l'épaisseur d'un seul cheveu a consacré quatre mois à cette œuvre. Le samâ n'est pas ici un spectacle mais une dissolution : ceux qui sont assis demeurent témoins, tandis que celui qui tournoie, le temps d'un souffle, efface la frontière entre lui-même et la Vérité. À propos de l'œuvre La feuille poursuit la tradition de la miniature de Boukhara des XVIe–XVIIe siècles — l'école de cour du Maverannahr, qui a absorbé l'héritage de Hérat et l'a uni au goût local pour le jardin dense et orné et le ciel doré. Le motif de l'assemblée de jardin, où les occupations savantes, le jeu et la conversation voisinent avec l'extase spirituelle, est l'un des sujets constants de la peinture de livre persane et centrasiatique. Le tournoiement et le samâ comme forme de dévotion appartiennent à la pratique de plusieurs confréries soufies ; et pourtant Boukhara elle-même est le berceau de la voie naqshbandi, pour laquelle un souvenir silencieux et intime est plus caractéristique. Le travail délicat du feuillage, des tissus et de l'architecture de faïence, l'or abondant, la ligne d'horizon élevée et la bordure décorative aux oiseaux sont les traits distinctifs de l'école. L'image est traitée dans l'esprit d'une illustration manuscrite, mais existe comme une feuille autonome. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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