
Le chemin du pèlerinage
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Taille de l'image:33,5 × 45,5 cm
Un seul et même chemin est montré ici à la fois dans trois états, non l'un après l'autre, mais tous ensemble. En bas, le long d'une route pierreuse et claire, avance une caravane : un pèlerin sur un âne, les mains croisées sur la poitrine, mène un dhikr silencieux là même, en selle ; derrière lui, sur un chameau, un vieillard pieux, et devant, sans cavalier mais chargé de bagages, court un chameau — comme si la foi tirait la caravane plus loin que le guide visible. Les voyageurs à pied traînent derrière, chacun dans sa propre songerie. Un peu plus haut, sur une prairie verte, le pôle opposé du même chemin : le samâ, la danse sacrée des derviches. Un vieillard en vert tournoie avec une telle frénésie que son turban s'est envolé de sa tête et gît à terre — et le turban, ici, n'est pas une bagatelle, c'est le visage, le rang, le « moi » même que la danse est la première à lâcher. À côté, un derviche en orange a levé les mains en transe, des musiciens mènent une doira et deux instruments à vent, pressant le tournoiement. Au sommet de la colline, le troisième état : une tente ornée où trois hommes conversent sans hâte, se reposant de la route, et tout près, à un trépied, pend une saba d'eau. Le labeur, la frénésie et le repos — trois réponses différentes à un seul et même appel. Il a fallu sept mois pour réunir les trois sur une seule feuille sans perdre un seul visage sur cette route populeuse. À propos de l'œuvre La miniature relève du genre de la composition allégorique à multiples figures, largement répandu dans la peinture du Maverannahr des XVIe–XVIIe siècles, où le pèlerinage (ziyârat) servait de prétexte à montrer d'un coup plusieurs facettes de la voie spirituelle sur une seule feuille. La scène du samâ (la giration sacrée soufie) résonne ici pour la première fois dans la collection — sujet rare pour les feuilles intimes, celui de l'extase directe, corporelle, et non de sa métaphore. Les marges, exécutées à la peinture d'or sur fond sable, sont peuplées de grues, de cerfs, de lièvres et de renards — procédé habituel du maître, qui déploie autour de la scène centrale un monde de la nature à part, silencieux. La miniature a été créée par le maître Davlat Toshev, pour qui la route du pèlerin est devenue l'occasion de montrer que l'on va vers un seul but par le corps, par la raison et par son entier renoncement. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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