
La chasse à l'onagre
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Taille de l'image:54 × 40 cm
Sur les collines dorées, où les rochers se teintent de rose et où l'or des nuages s'enroule à la manière chinoise, s'élancent trois cavaliers. Celui de gauche, en caftan vert, a déjà ramené son bras en arrière — la corde a résonné, et sa flèche a atteint sa proie à l'extrême bord. Mais tout, dans cette feuille, converge vers un seul geste : le roi en rouge s'est dressé sur la selle de son cheval gris pommelé et a levé la main vers le ciel. Il vient d'accomplir l'impossible. En bas à droite, un lion s'est abattu sur un onagre sauvage, enfonçant ses griffes dans l'échine grise — et au même instant une seule flèche a traversé les deux, clouant au sol le prédateur et la proie. Ainsi la légende attacha à Bahram Gour la gloire du plus grand des archers. Mais la main n'est pas levée pour l'adresse. Le lion, ici, est la force qui se délecte d'elle-même et tourmente le sans-défense ; l'onagre est celui qui n'a d'autre protection que la justice du roi. La première loi du pouvoir n'est pas la guerre, mais le jugement : châtier l'oppression à l'instant même où on la voit. Et il y a dans ce coup une seconde vérité, silencieuse — le triomphe de la force est l'heure même de son châtiment ; l'œil qui veille sur toute assurance endormie ne se ferme jamais. Le troisième cavalier se tient à l'écart, et sur sa main un oiseau de chasse est posé, tranquille — âme dressée qui connaît le poignet de son maître et revient à son appel. À droite se dresse un cyprès élancé — image de ce qui demeure : un calme que la poursuite n'entraîne pas, un témoin que ne touchent ni le chasseur ni la proie. Au ras du sol serpente un ruisseau, ligne indifférente vers laquelle descendent aussi bien le chasseur que le gibier. Et dans un terrier, au premier plan, des renards veillent sur leurs petits — la vie suit son cours tranquille, ignorant tout du lion comme de la flèche. Cette scène a coûté au maître huit mois de travail au pinceau d'un seul poil. Et pourtant une seule flèche a traversé les deux : pour retrancher le vice, la pointe traverse aussi la chair vive. À propos de l'œuvre La scène relève de la tradition de la miniature de chasse de cour du Maverannahr telle que la connaissait l'école de Boukhara des XVIe–XVIIe siècles, avec son goût du fond doré, du travail minutieux des herbes et des bêtes, et des bandes nuageuses à la manière extrême-orientale. Le sujet renvoie à la légende de Bahram Gour — souverain sassanide entré dans la mémoire poétique persane non pas tant comme guerrier que comme modèle du roi juste et du chasseur sans égal. Le motif de la flèche unique transperçant le lion et l'onagre est l'un des plus reconnaissables de la tradition picturale liée à ce héros. Il est présenté ici non comme un trophée, mais comme une parabole du pouvoir, du jugement et de l'inéluctabilité du châtiment. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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