
SHAMS. (Djamal)
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Taille de l'image:45 × 57 cm
La feuille commence à un seuil : en haut est tracée la Basmala — « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux », les mots par lesquels s'ouvre toute œuvre bonne. Plus bas se déploie la shamsa, le « soleil » : une rosace ronde d'où rayonnent en toutes directions de très fins rayons vert et or. En son cœur même, le Nom est inscrit en rouge — الله —, et à côté, en or, Sa glorification. Autour du Nom s'enroule un anneau de calligraphie, le témoignage de l'unicité de Dieu, tordu en une spirale ininterrompue : le mot n'a ici ni commencement ni fin — à l'image de Celui dont il témoigne. Toute la géométrie de la feuille est soumise à un seul mouvement : la lumière émane du centre, où est le Nom, et y retourne. Les rayons ne percent rien et ne luttent contre rien — ils se répandent, et chacun renvoie vers le centre. Le champ vert au tressage d'or est la couleur des jardins du paradis et de leur fraîcheur promise, de la miséricorde et de la paix. Le tressage lui-même, l'islimi, se déroule en pousses et en boutons sans fin ni bord — l'image d'une création inépuisable qui n'a pas de limite. Le refus de toute figure n'est pas ici pauvreté, mais précision : l'Insaisissable ne peut être représenté — on ne peut que le désigner. Quinze mois ont été consacrés à cette feuille, peinte au pinceau à poil unique — un travail dont la durée même devient une forme de station devant Dieu. À propos de l'œuvre La shamsa (« soleil ») est l'une des formes suprêmes de l'art du livre islamique : une rosace ronde enluminée par laquelle on ouvrait les manuscrits du Coran et de somptueux recueils, en plaçant en son cœur le nom de Dieu ou une dédicace. Ce n'est pas une illustration, mais de la calligraphie et de l'ornement à l'état pur — cette branche de la tradition où l'image cède la place au Verbe et à la géométrie. La feuille est exécutée par le maître Davlat Toshev, dont l'art est étroitement lié à la tradition soufie ; la composition suit le canon — le texte sacré au centre, des anneaux concentriques de tressage végétal (islimi) et des rayons divergents qui font de la feuille l'image d'un astre. Dans les ateliers de cour du Maverannahr et, plus largement, dans tout le monde perso-islamique, de telles rosaces étaient exécutées au pinceau le plus fin et exigeaient de longs mois de travail. L'alliance du vert, de l'or et du cinabre rouge, la bordure « marbrée » ebru et le travail au poil du motif sont caractéristiques de la haute culture livresque de ce cercle. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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