
SHAMS. (Djalal)
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Taille de l'image:42 × 57 cm
La feuille s'ouvre par la Basmala : en haut, d'une écriture noire, élancée et étirée, sont tracés les mots par lesquels tout commence — « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ». Plus bas se déploie la shamsa, le « soleil », mais son ciel n'est pas de la terre. Le champ du médaillon est inondé d'un outremer profond tiré du lapis-lazuli : le bleu n'est pas ici un ornement, mais la substance même de la sphère céleste — la couleur du cosmos et de la majesté divine devant laquelle la raison se tait. Au centre doré, la même Basmala, repliée en cercle : le mot encadre la feuille par le haut et la tient de l'intérieur, le commencement et le cœur se rejoignant en un seul. Autour du noyau court une ceinture monumentale de calligraphie en écriture thuluth, les lettres tissées dans la géométrie du cercle de sorte que la parole devient infinie, sans couture ni bord. Sur le champ bleu, des motifs figurés d'or passent en vagues — une grâce qui émane doucement du centre, sans jamais tarir. Et vers l'extérieur, à toutes les extrémités de la feuille, se répandent de fins rayons d'azur aux pointes fourchues : l'éclat des hauteurs célestes, qui pénètre l'espace sans pour autant rapprocher la hauteur de celui qui regarde — il ne fait que le tenir dans le recueillement. Davlat Toshev a consacré deux ans à cette feuille, peinte au pinceau à poil unique ; et le lapis-lazuli, et l'or, et cette patience même servent une seule fin — désigner Ce qui est au-dessus de toute image. À propos de l'œuvre La shamsa est un médaillon solaire par lequel, dans la tradition manuscrite islamique, on ouvrait la double page d'apparat d'un manuscrit, en plaçant en son cœur le nom de Dieu ou une formule de bénédiction. Nous en avons ici la version « céleste » : la domination de l'azur renvoie au pigment le plus précieux de la miniature orientale — le lapis-lazuli broyé, extrait durant des siècles dans les montagnes du Badakhshan. La composition est strictement centrée : le mot sacré au noyau, un anneau de calligraphie en écriture thuluth, un champ bleu à l'ornement d'or et des rayons divergents qui font de la feuille l'image d'un astre. De telles doubles pages exigeaient du maître des mois et des années d'un travail minutieux et comptent parmi les sommets de la culture livresque de cour du Maverannahr et de tout le cercle perso-islamique. La sobre bordure « marbrée » ebru sur le pourtour est un procédé caractéristique de la mise en page de telles pages. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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