
Ange (jeune fille)
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Taille de l'image:30,5 × 44 cm
Dans un jardin où un jeune arbre se dresse en fleurs blanches et un autre ploie sous le poids des grenades mûres, deux êtres se sont rencontrés. Un jeune homme vêtu d'un caftan lilas s'incline et, des deux mains, penche son vase — versant en un mince filet vers le bas, dans le vase d'or que tient une jeune fille ailée. Ce n'est pas elle qui le remplit — c'est lui qui lui donne tout ce qu'il porte. Là est l'essentiel. Le soufi nomme cela l'auto-évidement : pour recevoir le plus haut, le cœur doit se répandre jusqu'à la lie, renoncer à son « moi ». Le jeune homme ne garde pas le vin pour lui — et ce vin est bien celui que chantait Hafez, l'ivresse de l'amour qui enivre sans enivrement — il le verse vers le céleste, et ce qui est donné ne se perd pas mais est reçu d'en haut. Les ailes de la jeune fille brûlent d'or, de bleu et d'écarlate ; la couronne rayonnante au-dessus de son visage dit d'où procède la lumière. Elle ne prend pas de force — elle a plié les genoux et se contente de tendre le vase, car le don ne s'élève que par la bonne volonté de celui qui donne. Les deux arbres à l'arrière sont comme une arche du chemin : la fleur blanche du commencement pur et la grenade mûrie à la fin. La grenade, fruit des jardins paradisiaques du Coran, cache sous son écorce une multitude de grains dans une seule enveloppe — image de la plénitude qui vient remplacer le vide : le jeune homme se vide jusqu'à la dernière goutte, tandis qu'à côté mûrit un fruit rempli de grains jusqu'au bord. Cette scène a demandé au maître quatre-vingt-dix jours de peinture au pinceau plus fin qu'un cheveu. À propos de l'œuvre L'œuvre est exécutée dans l'esprit de la miniature de livre de Boukhara des XVIe–XVIIe siècles — l'art du Maverannahr, qui a absorbé le raffinement du cercle de Hérat avec son amour du jardin en fleurs et de la figure élancée. La scène de la beuverie et de l'échanson est l'une des images les plus constantes de la tradition perse et d'Asie centrale, où la coupe et le vin ont depuis longtemps cessé d'être littéraux pour devenir un langage de l'amour mystique. La figure ailée qui offre renvoie à un vaste ensemble de représentations de messagers célestes dans la peinture orientale. Le rendu fin du feuillage et des fleurs, les rochers dorés et les nuages stylisés, le champ richement orné avec des figures d'animaux sur les bords sont des marques caractéristiques de ce cercle. Le fond ne reproduit aucun lieu précis mais crée l'image d'un jardin idéal. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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