
Khosrow et Chîrîn
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Taille de l'image:40,5 × 55 cm
Au pied des rochers, là où une source descend parmi des pierres multicolores, est assise une jeune fille aux cheveux noirs dénoués — l'eau la couvre avec autant de délicatesse que les pierres mêmes de la grotte, ne laissant que ce qu'il est permis de voir. En haut, sur un cheval rose, un cavalier vêtu de bleu s'est figé : il a porté un doigt à ses lèvres — geste de ravissement muet par lequel, en Orient, on répond non par des mots mais par le silence, lorsque la parole serait trop grossière pour ce qui a été vu. Il ne cherchait pas cette rencontre — il ne faisait que passer, et le chemin lui-même s'est mué en destin. Ainsi se noue l'ouverture de bien des poèmes persans sur les amants : le héros trouve sa promise non par un accord convenu, mais au bord de l'eau, comme si les éléments eux-mêmes disposaient les rencontres avant que les hommes n'aient le temps de les désirer. La source ici n'est pas un simple paysage, mais un seuil : ce qui est caché sous sa surface se révélera plus tard, tandis que pour l'instant l'eau fraîche sert de voile de chasteté, derrière lequel la beauté ne fait que se deviner. En bas, à l'écart, se tient un cheval noir sans cavalier — compagnon patient qui attend sans bouger de sa place, incarnation d'une fidélité qui n'a nul besoin de hâte. Les rochers de corail et de lilas, le ciel doré et les rameaux fleuris alentour transforment la rencontre fortuite en un lieu comme porté hors du temps ordinaire — non la terre, mais son image transfigurée. Cette scène a demandé sept mois de travail au pinceau le plus fin. À propos de l'œuvre La miniature remonte à l'un des sujets les plus reconnaissables de la tradition littéraire persane et centrasiatique — l'histoire de Khosrow et Chîrîn, chantée par Nizami et plus tard réinterprétée à maintes reprises, notamment par Navoï et Amir Khosrow Dehlavî. La scène de la reconnaissance fortuite au bord de la source est un épisode constant et cher de ce cycle dans la peinture de livre de la région. Les rochers fantastiques et multicolores et le fond doré sont caractéristiques de la miniature de cour du Maverannahr des XVIe–XVIIe siècles, où le paysage sert non de fond mais de participant au récit. La présentation chaste et indirecte de la figure nue est un procédé typique de cette école, qui évite la littéralité au profit de l'allusion. La scène transmet non un épisode textuel précis mot pour mot, mais sa version iconographique établie. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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