
Rendez-vous au jardin
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Taille de l'image:32 × 42 cm
Sous un amandier en fleurs, derrière un parapet doré sculpté, le chahzadé s'est incliné vers sa Bien-Aimée — et dans cette inclinaison se lisent deux mouvements de temps différents. L'une de ses mains repose déjà sur le pied de la jeune femme : une proximité qui a eu lieu. L'autre se tend vers son visage, suspendue dans l'air à un cheveu du menton — une proximité qui dure encore. Le corps devance le cœur ; le chemin vers le sentiment vivant est toujours plus long que le chemin vers la présence auprès de l'autre. À leurs pieds est étendu un dastarkhan, et sur lui — des grenades. On n'ouvre pas la grenade au couteau : elle mûrit et éclate d'elle-même, de l'intérieur, quand vient son heure. Il en va de même du cœur — on ne peut l'ouvrir par un effort venu du dehors ; il faut seulement attendre qu'il mûrisse jusqu'à sa propre fêlure. En bas, près du ruisseau — une jeune fille tenant un barbat et un jeune homme à la coupe : le monde de la joie sensible, de la musique et du fruit. Le ruisseau le sépare de l'estrade où le couple est assis — la frontière entre le plaisir du jardin et le silence d'un sentiment encore inaccompli. L'amandier en fleurs au-dessus de leurs têtes a déjà donné tout ce qu'il pouvait donner ce printemps ; la montagne derrière lui se dresse, immobile, telle ce qui ne change pas tandis que tout change alentour. L'auteur a consacré à cette scène sept mois de travail au pinceau d'un seul poil — point après point, pétale après pétale, attendant que le jardin affleure sur le papier aussi lentement que le sentiment entre les deux personnages. À propos de l'œuvre La miniature est exécutée dans la tradition de la peinture de cour du Maverannahr des XVIe–XVIIe siècles, où les scènes de rendez-vous au jardin constituaient un sujet constant de la poésie de cour et de l'illustration du livre. La perspective conventionnelle, le fond d'or et la construction étagée de la composition — les figures sur l'estrade, les serviteurs en bas, le jardin et les montagnes à l'arrière-plan — sont caractéristiques de l'école de miniature de Boukhara de cette période. Le sujet de la rencontre des amants dans un jardin fleuri fait écho à l'imagerie de la tradition poétique soufie, où le jardin figure souvent une métaphore de l'état intérieur de l'âme. La composition suit l'iconographie générale des miniatures « de jardin » de cour de l'époque. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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