
Les Noces
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Taille de l'image:45 × 55 cm
Sur un chameau à deux bosses, sous le dais doré d'un kadjava, chevauche la mariée — on ne l'aperçoit que par une petite fenêtre ajourée, telle une lumière à travers un treillis, et cette dissimulation n'est pas fortuite : les noces elles-mêmes sont ici l'écho terrestre de ce que les soufis nomment « urs », l'union de l'âme avec le Bien-Aimé, où la rencontre reste toujours un peu soustraite au regard direct. À gauche, sur un cheval blanc, se tient le marié en caftan vert, couleur de la voie soufie et de la lignée du Prophète ; on lui présente une grenade — non un simple présent, mais la bénédiction du savoir qui passe de main en main à l'instant où deux vies n'en font plus qu'une. La caravane est menée par un chamelier en robe bleue, et une escorte à cheval accompagne le cortège sur des montures noire, blanche et alezane. À droite, au-dessus d'un rocher, un jeune homme est monté dans les branches d'un platane — non par simple espièglerie : ainsi l'âme cherche, ne fût-ce qu'un instant, à voir le visage de celui qui se cache. En tête — un danseur aux qaïraqs, une doira, une mélodie de cordes et le long souffle d'un instrument à vent : non le rythme feutré d'une réunion retirée, mais la voix de la ville entière partageant la joie. Sur la tour de la porte, les hérauts sonnent les karnaïs, et la nouvelle de l'union de deux cœurs se répand au-delà des murs. Derrière se dresse la silhouette reconnaissable de Boukhara — un minaret, des coupoles turquoise, les murs d'une médersa dans l'or du couchant. Il a fallu dix mois pour peindre chaque visage de cette foule, chaque feuille du platane, chaque pli du kadjava. À propos de l'œuvre La miniature relève du genre du cortège nuptial (toy) — l'un des sujets les plus prisés de l'école de cour de Boukhara des XVIe–XVIIe siècles, où la fête devenait l'occasion de rassembler toute une ville sur un seul feuillet, des notables sur les murailles aux musiciens au bord de la route. La palette chaude et dorée et la profusion de petites scènes sont caractéristiques des maîtres qui voyaient dans le sujet nuptial l'occasion de montrer leur art à rendre l'étoffe, l'ornement et une multitude de visages à la fois. Dans les marges, exécutées d'un fin dessin d'or, parmi les arbustes sauvages plane un simourgh — selon la croyance, messager de bénédiction et de bonheur, accompagnant invisiblement la fête. La miniature est l'œuvre du maître Davlat Toshev, dont le pinceau cherche invariablement dans la joie terrestre le reflet d'une lumière plus haute. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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