
Le Rendez-vous
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Taille de l'image:33 × 42,5 cm
Sous un arbre en fleurs, qui marque ici non le changement des saisons mais le seuil même de la rencontre, se tiennent deux êtres : un jeune homme en manteau lilas tient délicatement son aimée par la main, et celle-ci ne répond que par un geste timide — la paume levée vers la poitrine, le regard baissé, et dans ce geste il est dit plus que dans nulle étreinte. Le « Visal » — cet instant béni de la fusion des âmes après la séparation, dont la lyrique persane est emplie — n'est pas ici nommé, mais répandu en tout : dans l'effleurement des doigts, dans l'inclinaison des têtes l'une vers l'autre, dans le silence même de la scène. Un peu plus bas sur la pente, au coude du ruisseau, se tiennent deux chevaux — un noir et un bai — et eux aussi se tendent l'un vers l'autre du museau, se touchant presque : la tendresse des humains se reflète jusque dans le monde animal, comme si la nature elle-même connaissait le même sentiment. Derrière — une colline nue, brûlée par le soleil, aux rares arbres desséchés, le monde d'avant l'amour. Mais aux pieds des amants — déjà une autre terre : une verdure émeraude dense, des fleurs printanières bigarrées, un ruisseau bavard qui se disperse. Un seul et même sol est montré ici deux fois — en désert et en jardin — comme si l'amour était justement la force qui change l'un en l'autre. Il a fallu quatre mois pour tracer chaque pétale de l'arbre et chaque fil d'eau qui enlace ce jardin. À propos de l'œuvre La miniature perpétue la tradition de la scène lyrique du rendez-vous des amants, chère de longue date à la peinture du Maverannahr des XVIe–XVIIe siècles et faisant écho, par son atmosphère, aux poèmes de Navoï et de Nizami, sans pour autant illustrer un texte précis. La composition sobre — deux figures seulement et deux chevaux — est caractéristique des feuillets intimes, où toute la force de l'image tient non à la foule mais au silence du geste. Le large passe-partout est exécuté dans la technique du papier marbré ebru, aux marbrures vert pistache, terre cuite et ocre, encadrant l'harmonie retenue de la scène. La miniature est l'œuvre du maître Davlat Toshev, pour qui une simple rencontre sous un arbre en fleurs devient l'occasion de dire le plus secret. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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