
Le Derviche endormi
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Taille de l'image:34,5 × 49 cm
Au pied d'un grenadier colossal, dont les branches ploient sous le poids d'innombrables fruits — image d'une abondance si pleine que l'arbre mériterait d'être appelé arbre du paradis — dort un derviche à la barbe grise. Sa tête repose sur ses bras croisés, son visage est serein : le corps est livré au sommeil, tandis que ce qui veille vraiment dans l'homme s'en est allé contempler d'autres confins, invisibles ici. Autour de lui, la vie ne s'apaise pas : au cœur même de la ramure un nid est tissé, un oiseau bleu nourrit ses oisillons, sans remarquer le vieillard endormi sous lui. Trois huppes ne sont pas de simples hôtes de passage mais des gardes à différents étages : une sur la branche gauche, une sur la droite, la troisième tout près du sol — comme si le sommeil du juste était gardé à la fois d'en haut et d'en bas. Un chat rayé est assis au bord du ruisseau et regarde les oiseaux, fasciné, sans un seul mouvement de chasseur — ce n'est pas l'ordre d'un souverain qui l'apaise, mais la paix même émanant du dormeur, comme si la sainteté s'étendait au-delà des mots et se muait en l'air que respirent les bêtes. Tout près, roulé en boule, dort un petit animal duveteux — comme s'il avait pris pour lui le sommeil de l'homme. Au bord de l'eau nagent des canards, indifférents, comme tout ce jardin, au fait qu'il existe quelque part un autre monde, moins miséricordieux. Il a fallu quarante jours pour tracer chaque grenade de cet arbre sans troubler une seule seconde de ce sommeil. À propos de l'œuvre La miniature appartient au genre intime du portrait isolé d'un juste, répandu dans la peinture du Maverannahr des XVIe–XVIIe siècles, où le sommeil du derviche se lit traditionnellement non comme un repos mais comme un état particulier : le corps repose, tandis que le cœur, selon la tradition, ne dort pas. La composition est presque dépourvue d'action — cas rare pour la collection, où tout le sens de la feuille tient à l'immobilité d'une seule figure et à l'abondance de la vie qui l'entoure. Le large passe-partout est exécuté dans la technique du papier marbré ebru, avec des marbrures vert et jaune et des bulles aériennes qui font écho au vert de la robe et au feuillage de l'arbre. La miniature a été créée par le maître Davlat Toshev, pour qui le sommeil du juste est devenu l'occasion de montrer que la paix véritable d'un seul homme est capable d'apaiser un jardin entier. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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