
La chasse royale
Page d'accueil / Miniatures / La chasse royale

Taille de l'image:55 × 40,3 cm
Au cœur même de la chasse se tient un instant qui révèle non la force, mais la disponibilité : un cavalier sur un cheval bai, au grand galop, jette son lasso sur les cornes d'une biche en fuite, tandis qu'un autre se penche hors de sa selle et saisit une gazelle par le cou avec son arc, sans décocher de flèche. Tout autour, des dizaines d'archers, leurs flèches encore sur la corde ou en plein vol, et des dizaines de bêtes — gazelles, boucs sauvages, lièvres, renards — filant indemnes à travers un champ turquoise. Ni sang, ni raté, ni coup au but : rien que la course. En Orient, la gazelle est l'image de l'illumination fugitive, de ce qui se donne non à la force, mais à l'instant d'une disponibilité intérieure ; voilà pourquoi, de toute cette chasse tumultueuse, deux seulement parviennent à la retenir vivante, tandis que les autres passent en trombe, armes prêtes et mains vides. À l'écart, sous un arbre, un ermite se tient immobile — celui qui a atteint sa propre illumination avant que la chevauchée ne commence, et qui contemple donc la tempête des passions du dehors, sans y prendre aucune part. Derrière se dresse la silhouette reconnaissable de Boukhara — un minaret élancé, les coupoles turquoise d'une médersa — parmi des rochers de corail chatoyant de rose, de mauve et de turquoise. Six mois ont été consacrés à cet éclair de mouvement, où le silence du contemplatif et la fureur de la poursuite s'équilibrent l'un l'autre comme les deux rives d'un même fleuve. À propos de l'œuvre La chasse royale (shikor) est l'un des sujets majeurs de l'art de cour du Maverannahr et de tout le monde persan : elle n'était pas un divertissement, mais un rituel d'État, une démonstration du pouvoir du souverain sur la terre et ses créatures. Davlat Toshev construit la scène en diagonale, de la figure paisible de l'ermite dans l'angle supérieur au tourbillon des cavaliers en bas, créant l'impression d'un unique élan à travers la toile. Les montagnes sont peintes à la manière des « rochers de corail » — un procédé caractéristique des maîtres des XVIe et XVIIe siècles, qui aimaient transformer le paysage en un espace chatoyant, à demi féerique. La silhouette architecturale au lointain fait écho à l'aspect de Boukhara, conférant à la scène un caractère reconnaissablement d'Asie centrale. La hashiya, avec ses biches paissant paisiblement et ses oiseaux chanteurs, équilibre délibérément la tempête sur la feuille même — un procédé souvent employé par les maîtres pour créer un contraste intérieur entre la bordure et le centre. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

Produits similaires

Merci
Votre demande a été envoyée, notre personnel nous contactera sous peu








