
La poésie de l'amour
Page d'accueil / Miniatures / La poésie de l'amour

Taille de l'image:31,5 × 46 cm
Sous un amandier couvert de fleurs roses, deux personnages sont assis. Une jeune femme au voile blanc, le front ceint d'un bandeau orné, tient un livre ouvert et lit des vers ; un jeune homme en turban s'est penché vers elle, immobile, une coupe à la main. Il ne boit pas — il écoute, et toute son attention tient dans cette inclinaison. Entre eux, sur le tapis, se dresse un vase au col étroit, et plus bas, sur une étoffe rayée, sont disposés un vase, des coupes et un plat de fruits — une lenteur où rien n'est de trop. L'amandier fleurit le premier, avant les feuilles — et c'est pourquoi, dans la poésie orientale, il est l'image de la jeunesse et de l'éveil, de ce printemps de l'âme où le sentiment ne fait que s'ouvrir et ne connaît pas encore le flétrissement. La ramure s'est penchée sur les amoureux, les abritant comme un monde à part : leur saison est en pleine floraison. Derrière la tendresse de la scène se cache aussi un second sens. Dans la tradition soufie, l'amour terrestre — ishq majazi — ne s'oppose pas à l'amour céleste, mais lui sert de pont : le cœur qui a appris à aimer la création se prépare à aimer le Créateur. C'est pourquoi le vin dans le vase et la coupe dans la main du jeune homme ne sont pas ici affaire de festin. C'est l'ivresse de l'amour — cette ébriété qui emporte l'homme au-delà des limites de la raison et se révèle le premier avant-goût, encore confus, de l'ivresse du Divin. Et les vers que lit la jeune femme sont la poésie de l'amour même, qui, par la beauté de la parole, unit deux âmes et leur montre une route au-dessus d'elles-mêmes. Le terrestre n'est pas ici aboli, mais transparaît de part en part. Ce travail a demandé six mois. À propos de l'œuvre L'œuvre poursuit la tradition de la miniature de Boukhara des XVIe–XVIIe siècles, avec son héritage du cercle de Hérat : une scène de couple intime dans un jardin, un coloris dense, un travail fin des branches en fleurs et des étoffes, un fond doré. Le sujet des amoureux lisant des vers est l'un des motifs constants de la peinture de livre perse-turque, où la lyrique de cour et l'allégorie mystique allaient toujours de pair. Derrière leur galanterie apparente, de telles scènes portaient l'idée de l'ascension de l'amour terrestre à l'amour véritable — thème proche de la poésie de Djami et de Roumi. L'arbre en fleurs, le vin et la poésie se composent ici en une image unique du « printemps du cœur », où le beau sert de miroir au Divin. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

Produits similaires

Merci
Votre demande a été envoyée, notre personnel nous contactera sous peu








