
Conversation avec le prince
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Taille de l'image:46,5 × 62 cm
Au bord du jardin royal, sous un cyprès élancé, est assis un jeune prince. Dans une main, un arc ; dans l'autre, une unique flèche, mais sa main ne tend pas la corde. L'arme des victoires terrestres reste inerte : devant ce qui s'est ouvert en lui, la force est impuissante. En face de lui, une femme au voile jaune, messagère et gardienne d'un secret ; son geste porte la nouvelle de celle qui règne en haut. Et là, sur la hauteur au ciel d'or et aux coupoles bleues, sur une estrade sous un dais rayé, entourée de sa suite, siège la princesse — bien-aimée couronnée, inaccessible comme l'idéal même. Entre eux serpentent des ruisseaux et s'étendent des collines : les vallées du chemin, que l'on ne saurait franchir à cheval. Le cheval noir qui a porté le chercheur jusqu'au seuil se tient maintenant à l'écart, sans cavalier — l'élan l'a mené jusqu'à la frontière, mais au-delà on la franchit à pied et les mains vides. Au-dessus du prince s'élève le cyprès — en Orient, signe de la taille élancée de la bien-aimée : il est assis au pied même de son image, et toute sa pensée n'est que pour elle. Trois mois ont été consacrés à cette scène, peinte au pinceau d'un seul cheveu ; et la patience avec laquelle chaque brin d'herbe est tracé ici, le héros lui-même doit encore l'apprendre — car vers la Beauté on ne va pas par la flèche, mais par l'humilité et la disposition à écouter. À propos de l'œuvre La miniature poursuit la tradition de la peinture de livre de cour du Maverannahr des XVIe–XVIIe siècles, où l'épopée romanesque — les histoires d'amants séparés par la distance et le destin — se lisait à la fois comme un récit de passion terrestre et comme une parabole du chemin de l'âme vers le Bien-Aimé. La composition est construite en deux étages : la hauteur inaccessible au ciel d'or et aux coupoles en haut, et le monde du chercheur en bas, séparés par une ligne d'eau sinueuse — un procédé par lequel les maîtres de Boukhara rendaient la distance entre le désiré et l'atteint. La scène de la nouvelle qu'apporte une intermédiaire est un motif constant de la miniature perse et d'Asie centrale, remontant aux recueils poétiques sur les amants. Le fond doré et le rendu très fin du jardin au pinceau d'un seul cheveu sont caractéristiques des meilleurs exemples de l'école. L'œuvre est tenue dans le coloris reconnaissable de Boukhara — collines lilas, arbres en fleurs, or dense du ciel. Caractéristiques Support : Papier de soie de Boukhara fait main (90 % soie, 10 % coton) Technique : Tempera, aquarelle, pigments naturels végétaux et minéraux, feuille d'or (23 carats) Pièce unique

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